C’est la question que l’on se pose en lisant les rapports de la société canadienne Sandvine qui propose aux FAI des solutions pour mieux gérer leur réseau. En moyenne, l’européen utilise 17,4 GB de données par mois (contre 45 GB aux USA) : il en charge 14 GB et en envoie 3,4. La médiane, nettement plus faible (6,3 GB en descendant et 0,7 MB en montant) montre la disparité importante chez les utilisateurs. 1% des abonnés européens utilisent 37% de la bande passante.
Le rapport de Sandvine affine ces statistiques en disséquant les services les plus gourmands en bande passante. En Europe, YouTube tient la vedette avec BitTorrent, ce protocole utilisé pour s’échanger plus ou moins légalement des vidéos. Une comparaison très rapide avec l’internet Etats-Unien montre que Netflix (cet ancien loueur de DVD par courrier postal donné pour mort il y quelques années et qui met en péril le modèle de la télévision avec sa vidéo à la demande pour un abonnement forfaitaire …) chasse YouTube de la première place, et repousse largement les Torrent. Dans les pays européens où Netflix est déjà implanté, certes pays plus anglophones que la France, il représente déjà 20% du trafic. L’arrivée probable de Netflix ailleurs en Europe, notamment en France en 2014, fait couler beaucoup d’encre, enfin de pixels, dans les journaux du mois de janvier. On comprend aussi pourquoi les enjeux autour de la neutralité du net recouvrent des enjeux financiers colossaux, et pas seulement sociétaux.
A l’exception de l’Afrique où le rapport sur les données fixes n’existe pas, YouTube et BitTorrent se partagent la vedette que ce soit en Amérique Latine ou en Asie-Pacifique.