Comme tous les ans, le CREDOC a rendu public à la mi-décembre son rapport sur la « Diffusion des technologies de l’information et de la communication dans la société française » de son département « Conditions de vie et aspirations des Français ». L’enquête menée en milieu d’année 2013 concerne la population des plus de 12 ans.
Les aspirations des français apparaissent limpides : toujours et encore du numérique. Si la France en cette fin d’année est en crise et le moral des ménages en berne, l’équipement en objets numériques en tout genre, lui, ne fléchit pas. Les constructeurs de jeux traditionnels ont du souci à se faire.
De multiples lieux de connexion
81% des individus disposent d’une connexion internet à domicile et ils se connectent essentiellement en wifi. Il n’y a pas d’effet de substitution entre les connexions à domicile et à l’extérieur. Plus une personne est connectée chez elle, plus elle se connecte également à l’extérieur. Au total 43% de la population se connecte en mobilité.
Une démocratisation des usages
L’effet « jeune » reste massif, l’effet « niveau d’étude » influe sur le temps passé devant internet (sans doute également du fait d’usages professionnels), l’effet « revenu » joue également. En revanche, l’effet « genre » est faible. Les jeunes, comme depuis le début de l’arrivée de ces technologies, drainent les usages. On observe toujours les mêmes caractères clivant : les plus jeunes, les mieux formés et les plus à l’aise financièrement étant à la pointe des équipements et des usages. Pourtant, on assiste à un rattrapage des populations les moins technophiles : 90% des ouvriers surfent sur internet, les 60-69 ans font un bon de +11 points par rapport à l’année précédente et sont ainsi 73% à se connecter à internet, les sexagénaires s’emparent aussi des SMS et 28% de la population utilise un logiciel de messagerie pour téléphoner (Skype, Google talk, Msn Messenger…)
Outils mobiles : courbe exponentielle de l’équipement et stagnation des usages.
L’équipement en smartphone et tablette reste inégalitaire mais gagne du terrain très rapidement : 17% de la population est équipée d’une tablette (+9 points en un an), et 39% d’un smartphone (+% 22 points en deux ans).
Le titulaire d’un smartphone est un utilisateur avancé et il se démarque dans ses usages d’un non propriétaire de smartphone. En revanche, les usages chez les propriétaires de smartphone stagnent, voire diminue. La télévision mobile est-elle en attente d’un réseau 4G ou une chimère ? L’année 2014 devrait être éclairante à ce propos. L’augmentation générale des usages des smartphones (voire le graphique ci-dessous) s’appuie sur un effet d’équipement et non une intensification de l’utilisation du smartphone. Le passage de 29 à 37% d’internautes sur un téléphone mobile est du à l’équipement.
La télévision fait de la résistance
L’équipement en postes de télévision ne fléchit pas, 99% des foyers sont équipés d’un ou plusieurs récepteurs. 58% des postes actifs reçoivent la télévision via la TNT (idem qu’en 2012) tandis que 43% (+ 4 points en un an) via le réseau internet. Lorsque plusieurs postes de télévisions équipent le domicile, l’écran numéro 1 reçoit en général le signal de la box tandis que les autres reçoivent le signal via la TNT.
22% des Français regardent les programmes proposés par télévision linéaire sur un autre support que la télévision (ordinateur ou tablette) mais la progression est quasi inexistante (+ 1 point). En revanche, 32% visionnent ou téléchargent des vidéos.
Si la télévision principale est toujours le principal champ d’attraction du champ de vision (il faut dire que la taille des écrans ne cesse d’augmenter), le niveau de concentration laisse à désirer : il arrive à 82% (94% des 12-24 ans) des personnes interrogées de faire autre chose que regarder la télévision pendant qu’ils sont devant et 40% naviguent sur internet.
Des réseaux sociaux toujours en pointe mais plus divers
45% des personnes sont membres d’un réseau social. Les ouvriers et employés sont deux catégories, en dehors des jeunes bien sûr, qui affectionnent particulièrement les réseaux sociaux. En revanche, alors que l’ensemble de la population abonnée à un réseau social s’accroit, on observe une baisse, depuis deux ans chez les 12/17. L’interprétation de ce recul ne semble cependant pas évidente. Il est difficile de déterminer s’agit-il d’une réelle désaffection pour les réseaux sociaux ou davantage d’une diversification des plateformes de réseau social (en particulier Tumblr qui n’est pas cité dans le questionnaire du CREDOC).
Besoin de formation continue
46% des adultes font un usage quotidien de l’ordinateur à leur travail, et 33% d’internet. Bien entendu, cette moyenne cache des disparités essentiellement en terme de niveau de diplôme. La préparation à l’usage des technologies de l’information dans le cadre professionnel via la formation continue peut être améliorée, puisque 39% pensent qu’ils ont été mal voire très mal préparés. On remarque que les moins de 40 ans sont les plus satisfaits de la formation continue à l’usage des TIC.
22% des individus, et tout particulièrement les cadres, déclarent régulièrement utiliser les TIC pour travailler en dehors des horaires et des lieux de leur lieu de travail. Les jugements vis-à-vis de cette utilisation sont partagés puisque la moitié des plus diplômés pensent que cela empiète sur leur vie privée, l’autre au contraire que cela permet de mieux concilier vie privée et vie professionnelle.
Les technologies de l’information, un nouveau passe temps
Les activités traditionnelles telles que lire un journal ou un magazine, discuter ou observer ce qui se passe sont toujours les activités les plus pratiquées pendant les temps morts (salle d’attente, transports en commun…) mais 49% de la population envoie également des SMS ou des courriels. Ces pratiques différent beaucoup selon l’âge, le niveau de diplôme et la taille de l’agglomération.
L’étude montre que les pratiques liées au TIC sont proches les unes des autres (si on envoie un SMS on surfe sur internet, on écoute de la musique en attendant … ), l’observation et la discussion sont réalisées par tous, technophiles ou non, tandis que la lecture papier est totalement décorrélée des autres pratiques.
Lycéens, collégiens et étudiants : des efforts à poursuivre
80% des 12-17 ans utilisent un ordinateur sur leur lieu d’étude mais le taux stagne depuis 2008. 29% accèdent à internet une à deux fois par semaine sur leur lieu d’étude, les autres ayant un usage plus rare, voire pas d’accès du tout.
68% des étudiants accèdent à internet sur leur lieu d’études et près de la moitié en ont un usage courant. Il reste 10% des étudiants qui n’ont ni accès à internet sur leur lieu d’étude, ni à domicile.
Pas d’effet désocialisant de l’internet
En moyenne, nous passons 12h par semaine devant internet. L’étude relève également la chimère de l’effet désocialisant. Les personnes les plus sociables (engagées dans une association ou recevant des proches chez elles) sont également des grandes utilisatrices du réseau.


